C’est une nouvelle vague de retraits massifs sur les géants du e-commerce.
Selon la Commission européenne, 28 produits jugés “très dangereux” ont été récemment interdits à la vente sur Amazon, Shein et Temu.
Une mesure qui vient rappeler une réalité inquiétante : la prolifération de produits non conformes, parfois toxiques ou potentiellement mortels, sur les marketplaces les plus populaires du monde.
Une alerte européenne sans précédent
Cette action fait suite à plusieurs enquêtes menées dans le cadre du système Safety Gate, la plateforme européenne dédiée à la surveillance des produits dangereux.
Les analyses ont révélé la présence, sur Amazon, Shein et Temu, d’articles ne respectant pas les normes de sécurité de l’Union européenne, allant des jouets pour enfants aux accessoires électroniques en passant par des cosmétiques non conformes.
Les conclusions sont alarmantes :
- Certains jouets contenaient des substances chimiques interdites,
- Des chargeurs électriques présentaient un risque d’incendie ou d’électrocution,
- Des bijoux et vêtements affichaient des niveaux dangereux de métaux lourds comme le plomb ou le nickel.
“Ces produits sont souvent expédiés directement depuis l’Asie, sans contrôle préalable.
Leur accessibilité en ligne rend le risque omniprésent.”
— Rapport Safety Gate 2025
Amazon, Shein et Temu dans le collimateur
Les plateformes concernées affirment avoir immédiatement retiré les articles incriminés, mais la Commission souligne un problème récurrent : la réapparition rapide de produits similaires sous d’autres noms ou vendeurs.
Shein et Temu, en particulier, sont pointées du doigt pour leur manque de contrôle sur les revendeurs tiers.
Leur modèle de marketplace ultra-ouverte permet à des milliers de fournisseurs d’écouler leurs produits à bas prix… souvent au détriment des normes de sécurité.
Amazon, de son côté, s’est défendue en rappelant son programme “Amazon Safety Europe”, qui vise à renforcer la vérification des produits avant leur mise en vente.
Mais même la firme de Seattle reconnaît que le flux colossal de références rend impossible un contrôle exhaustif.
Des produits du quotidien parmi les plus à risque
Parmi les 28 produits identifiés, plusieurs concernent des objets courants du quotidien :
des chargeurs USB sans certification, des veilleuses, des sèche-cheveux, des jouets lumineux pour enfants, mais aussi des maquillages, crèmes et rouges à lèvres non conformes.
Certains cosmétiques contenaient des traces d’hydroquinone et de mercure, deux substances interdites en Europe pour leur toxicité sur la peau et les reins.
D’autres produits électriques ne disposaient pas du marquage CE, pourtant obligatoire, garantissant la conformité aux normes européennes.
En clair, des millions de consommateurs ont pu être exposés à des risques graves sans même s’en rendre compte.
Un problème structurel du e-commerce mondial
Ce scandale met en lumière les failles structurelles du commerce en ligne international.
Les plateformes comme Shein, Temu ou AliExpress fonctionnent sur un modèle d’hyper-volumétrie : des millions d’articles, des milliers de vendeurs et un contrôle minimal.
Ces sites contournent souvent les régulations européennes en expédiant directement depuis la Chine via des services de dropshipping.
Résultat : les autorités ont très peu de moyens d’action en amont, et n’interviennent qu’après la détection d’un danger.
“La surveillance ne peut pas suivre le rythme de la production mondiale.
Le danger n’est plus ponctuel, il est systémique.”
— Anne Dubois, experte en conformité européenne
L’Europe serre la vis
Face à la montée du risque, la Commission européenne prépare un renforcement des règles applicables aux marketplaces étrangères.
Le futur règlement sur la sécurité générale des produits (SGP 2025) imposera :
- une responsabilité directe des plateformes sur les produits vendus,
- des amendes proportionnelles au chiffre d’affaires global,
- et un contrôle obligatoire avant expédition pour certains types de produits.
Les autorités françaises, via la DGCCRF, ont également annoncé une intensification des contrôles, notamment sur les entrepôts logistiques d’Amazon en Europe.
Les bons réflexes à adopter pour les consommateurs
Cette affaire rappelle qu’il est essentiel d’adopter quelques réflexes simples avant tout achat en ligne :
- Vérifier la présence du marquage CE sur les produits électriques ou destinés aux enfants,
- Éviter les articles vendus par des marques inconnues ou sans avis vérifiés,
- Se méfier des prix anormalement bas,
- Et consulter la base Safety Gate pour repérer les produits déjà signalés.
En cas de doute, mieux vaut acheter auprès de revendeurs officiels ou sur des plateformes européennes certifiées.
L’avis de MonsieurGeek.fr
Chez MonsieurGeek.fr, on le répète souvent : la sécurité doit primer sur les bonnes affaires.
Cette nouvelle vague de retraits prouve que le low-cost numérique a ses limites, surtout lorsqu’il touche à la santé ou à la sécurité des consommateurs.
Amazon, Shein et Temu doivent désormais choisir entre rentabilité et responsabilité.
Car si l’Europe durcit sa position, les acheteurs eux aussi commencent à se détourner des plateformes où le risque devient trop grand.
À l’heure où la confiance numérique devient une monnaie rare, les géants du e-commerce n’ont plus le droit à l’erreur.
